Ce qui vous fait plaisir (dans la mesure du raisonnable)


Disons que
ce poème est
une petite boîte
Vous mettrez
ce que vous voulez
dedans

Tout à fait anormal


Que veux-tu
c'est comme ça
c'est dans
le désordre
des choses

Immaculé


Se sent
enfin comme
la surprise
au fond
d'un paquet
de lessive

Va et vient

© photo : Herbert Basedow

Ce souvenir
te rattrape
comme un boomerang
Il te relance

Fast-food


Au fast-food
des sentiments
elle l'aime
un peu
pense à lui
rapidement
le touche à peine
Le temps de
se rendre compte
de son oubli
il est déjà parti

Smile


Tant que
les non-dits
sont remplacés
par des sourires

Irréversible


Assure-toi toujours
d'avoir la réponse
avant de
te remettre
en question

Contrôle


L'aube récite
sa leçon
On voit bien
qu'elle n'a
rien révisé
rien préparé
Ça me va
son approximation
vaut bien
la mienne
Attendons de voir
lequel copiera
le premier
sur l'autre

Quelque part au find fond de l'ennui


C'est une journée
assez ennuyeuse
Rien d'extraordinaire
rien de terrible
non plus
Le néant en tutu
Bref
le bien et
le mal
sont assis
côte à côte
Le bien demande
qu'est-ce qu'on fait
le mal répond
ça va pas te plaire

Peut-être qu'il faut du temps


J'suis pas
plus épais
qu'un moineau
mais je ne vole
pas encore

Simple constat


Dans un monde parfait
on n'aurait pas
besoin de dire
dans un monde parfait

Gain de temps au détriment de la politesse


On irait
surement plus vite
et on arriverait
au même résultat
en remplaçant certains
interminables échangent
administratifs par
je vous emmerde
moi aussi

En mieux


Rien n'a changé
ou presque
Une couleur
par-ci par-là
quelques espoirs
toujours trop minces
Il faudrait
réessayer en mieux
Différemment
Apprendre de
ses erreurs
Allez
on prend les mêmes
et on ne
recommence pas

Faits l'un pour l'autre


Il a beau
lui pomper l'air
elle n'en manque pas

Sans tête


Le temps est à
la barbe
et aux bonnets
aux gants et aux
os qui craquent
Aux têtes
qui tombent aussi
on n'en croise plus
si souvent que ça
sur les épaules

Aucun rêve ne subsiste


On ne choisit pas
la taille
de ses rêves
Hier ç'aurait pu être Laurel
et aujourd'hui Hardy
Peu importe
le fameux magazine Téléstar
déclarait en 2015 qu'ils sont
tous les deux morts
malades et ruinés

Plus toute sa tête


Certains de ses souvenirs
refont surface
de temps en temps
s'accrochent comme
il peuvent
à la berge
s'essouflent
puis replongent
pour de bon

Sur quel pied danser


Ce matin
la lumière dit 
je t'aime
et le ciel
je t'emmerde

2 tableaux


Tu es comme
ces couleurs
de l'aube
impossibles à nommer
à la fois belles
et inquiétantes

Douce brute


Il a passé
l'arme à gauche
C'étaient des balles
à blanc

Toucher l'essentiel


À quoi
ce truc
peut bien
ne pas servir

Chute


Le soleil tombe
le jour tombe
tes paupières tombent
un rêve plus fort
que les autres
amortit

De l'utilité de la fainéantise


Avec tous nos poils
dans la main réunis
on ferait un tapis
un gigantesque tapis
Ce serait
le plus grand
tapis du monde
Bien sûr il
ne volerait pas mais
nos énormes peines
auraient enfin
un endroit confortable
pour s'allonger

Nœud pap'

© photo : Harvey Stein

Se prendre la tête
avec classe
des nœuds papillon
au cerveau

Au musée


Ce bâtiment administratif
est un vrai musée
Quand vient
enfin ton tour
les employés peuvent
en deux trois questions
te visiter
et te laisser
de marbre

Guillotine


Les jours
se succèdent
comme les rois
Certains finissent
la tête coupée

Coquetterie


Parfois les mots
ne viennent pas
Il faut aller
les chercher
très loin
Ils mettent
un temps fou
à se préparer
Souvent ils préfèrent
se maquiller
avant de sortir

Festin


Après avoir englouti
l'immeuble d'en face
l'ombre plante ses crocs
dans le petit 
matin tendre